La soudaineté de la crise sanitaire a surpris tout le monde, y compris le monde sportif et aussi bien les champions que les sportifs du dimanche. « C’est lorsque l’on en est privé que l’on se rend compte de l’importance d’une chose » pourrait être l’expression qui définirait le mieux la situation.

Le sport au point mort?

Alors que le sport est un secteur très impacté par la crise sanitaire, la majorité des sportifs interrogés dans le cadre de l’enquête “Agir pour le sport amateur” se disent plus touchés par l’actuelle mise à mal du lien social que subit de plein fouet la pratique sportive que par la mise en veille proprement dite des compétitions.

D’ailleurs, 79,1% des pratiquants de sport souffrent psychologiquement de ce manque d’activité physique engendré par la fermeture des salles de sport, mais aussi des clubs sportifs pendant les périodes de confinement ou même de couvre-feu. Rappelons que seulement 22,2% des structures ont pu reprendre totalement leur activité après le 11 mai! 77,8% l’ont reprise partiellement, selon le sondage de l’Organisation sportive CoSMos.

Se remettant à peine du premier confinement, le deuxième opus risque fort de provoquer des fermetures administratives voire définitives lorsque l’on constate des manques à gagner menaçant surtout les petites structures, les coachs et les animateurs sportifs! 53,4% de ces acteurs considèrent avoir perdu entre 10 à 30% de CA après le premier confinement. À plus ou moins long terme, ce manque économique pourrait transformer les pratiques et faire évoluer le sport vers de nouvelles alternatives.

Plan sport Covid: 2,8 milliards d’aides de l’État

Le 16 mars a sonné l’arrêt brutal des compétitions en même temps que tombait le couperet du confinement. Il a fallu s’adapter et digérer le fait que de grands événements n’auraient pas lieu, tels que l’Euro 2020 reporté en 2021, ou encore le Tournoi des Six nations de Rugby décalé fin octobre. Le football professionnel a pu mesurer une perte de 1,16 milliard d’euros. Le Ministère des Sports s’appuyant sur une étude du groupe BPCE (Banque Populaire Caisses d’Épargne) évaluait à 19 milliards d’euros les pertes pour l’ensemble du domaine sportif à l’issue du premier confinement si les compétitions sportives ne reprenaient pas du service, soit 25% du CA habituel.

Pour parer au plus pressé, l’État a mis en place le prêt garanti d’État, et la Fédération française de football des dispositifs d’aide comme le fonds de solidarité exceptionnel de 30 millions d’euros débloqué en juin.

Malgré tout, les pertes sont considérables, et les opérateurs de paris en ligne ont dû essuyer les pots cassés en perdant près de 90% de chiffre d’affaires, comme le souligne l’Afjel (Association française des jeux en ligne). Les parieurs se sont rabattus dans la foulée vers les sites de poker et de loteries en ligne alors qu’en temps normal, le football cristallisait au moins 50% des intentions de mises!

Quelques compétitions ont fait de la résistance, comme les compétitions de football australien, pour rapidement finir par s’aligner devant la nécessitévitale d’endiguer l’épidémie de Covid-19. On se souvient de la polémique sur le match de Ligue des champions OL-Juventus Turin du 26 février qui aurait contribué à créer une soudaine augmentation de clusters dans la région lyonnaise. Alors, comment continuer à vivre sa passion du sport dans un contexte a priori gelé?

cosmos sport

Une tête saine dans un corps sain

Quant aux salles de sport et au sport amateur, des protocoles sanitaires stricts ont pu limiter la casse. Mais il a fallu faire des distinctions entre les sports de groupe et individuels. Et on a pu voir que la frontière entre risque majeur et modéré est ténue, puisque ce qui favorise les contaminations peut tout aussi bien résider dans les «à-côtés»: douches, espace mal aéré, covoiturage. À l’inverse, les sports d’extérieurs comme le canoë-kayak, le ski ou encore le tennis ont été plébiscités en raison des contacts au corps-à-corps limités. Une pratique sportive en plein air semblerait une bonne solution pour garder un corps sain et une tête libre!

Les raccourcis opérés par l’effet de loupe médiatique concernant par exemple les clusters nés au sein de l’équipe de football du Paris-Saint-Germain n’ont rien à voir avec la réalité. En effet, le virus a été contracté lors de vacances impromptues à Ibiza et non lors d’un échange en vestiaire ou sur le terrain.

Ainsi la présence de clusters émergeant de préférence dans les milieux sportifs est peu concluante selon des études académiques sur le sujet, comme celles menées par l’Angleterre (UKActive) et l’Espagne (Vivagym Group) qui démontrent que le taux de contamination dans les clubs de sport est inférieur à 0,5 pour 100.000 visites. Ce qui constitue un moindre mal en temps de privation de loisirs sportifs!

 

La crise, oui, mais après?

Néanmoins le sport en salle ou en groupe comme les arts martiaux est réellement pénalisé. Et à cette occasion, on peut observer certaines disparités dans le traitement réservé à certains types de sport plutôt que d’autres. D’où la création fin octobre du slogan «Touche pas à ma salle». En effet, l’accumulation de fermetures qui s’allongent dans le temps commence à faire monter la colère chez des gérants au bord de la faillite. Alors que la profession peinait déjà à se relever après des périodes de vaches maigres, on assiste à un réel ras-le-bol, sentiment partagé par les patrons de bar et les intermittents du spectacle.

Mais le Premier Ministre a été formel: pour lui, les salles de sport sont des lieux à risque! Et c’est à contrecœur que les gymnases, les salles de sport ont dû fermer leur porte au 30 octobre, ne nous laissant que l’alternative du jogging comme activité physique autorisée!

Qu’à cela ne tienne, les plateformes numériques sportives en tout genre, notamment celles pour pratiquer le yoga, le sport antistress par excellence, ont pris un réel essor durant les deux confinements. C’est pourquoi on trouve une myriade de startups SportTech actuellement, et une multitude d’applications pour faire du fitness ou d’autres sports de salon selon ses affinités.

 

En espérant que 2021 voit refleurir les ouvertures des salles, les abonnements aux clubs et l’engouement sans limite du public. Pour le moment, signe d’espoir ou pas, à Wuhan au centre de la Chine, débarrassés du virus, les reprises des cours de sport et de danse battent à nouveau leur plein!