Quand on pense au sport et qu'on le pratique, on va penser au corps. Le corps sera au cœur des entraînements et la répétition des mouvements va permettre d'acquérir les techniques propres à chaque sport. Tant que l'on reste dans le monde des amateurs, la question du mental reste une réalité fantasmée et souvent réduite à une philosophie de vestiaire dégoulinante de testostérone. Dans le monde des semi-pros, des professionnels ou des sportifs de l'extrême, la préparation mentale est prise très au sérieux. On remarque que dans certains sports collectifs, cette préparation reste très personnelle. Les joueurs ont discrètement recours à un préparateur mental sur leur temps libre et la discrétion reste la règle d'or. Dans ces milieux, un préparateur mental est synonyme de fragilité et pour garder sa place dans le vestiaire, il faut être fort… La philosophie de la testostérone, on vous dit!

C'est quoi un préparateur mental?

Un préparateur mental va aider un sportif à dénouer les liens et à briser des limites. Il va travailler profondément sur la psychologie et la personnalité d'un joueur pour le faire avancer en tant qu'homme et sportif. Le mental d'un sportif, c'est 80% de la performance. La détermination, l'abnégation, la résistance à la souffrance, la simple envie de s'entraîner inlassablement… Tout cela se passe dans la tête. Un préparateur mental est avant tout un fin psychologue. On voit par exemple dans le tennis, des joueurs devenir entraîneur, mais peu ont la capacité d'être un coach mental. Des études poussées en psychologies sont requises et une spécialité dans le sport est nécessaire. On voit aussi des cas atypiques avec un coach mental qui a suivi un athlète dès son plus jeune âge et qui va grandir avec lui pour parvenir au sommet. Il y a dans ce métier quelque chose d'immatériel, que les diplômes, l'expérience, et même une carrière d'athlète de haut niveau ne peuvent remplacer, c'est la confiance presque absolue qui existe entre les deux. Il y a donc un feeling indispensable qui doit permettre au sportif de se livrer comme s'il le faisait dans le cabinet d'un psychologue. Au-delà du sportif, un athlète, aujourd'hui, doit gérer un business. Entre les sponsors, les médias, les réseaux sociaux, les fans, il est  facile de perdre la tête. On ne compte plus les jeunes prometteurs qui ont été éteints en plein vol, comme des Icares des temps modernes.

préparateur mental

Quels sont les outils d'un préparateur mental?

C'est souvent là que le doute vient perturber le choix des sportifs. Entre l'ego démesuré qui pense avoir besoin de personne, la peur de tomber sur un charlatan ou un profiteur, les champions attendent des preuves concrètes. Le bouche-à-oreille est l'un des principaux canaux de recrutement dans ce métier. Le cv se forme dans le monde semi-pro et finalement, comme les athlètes, leur notoriété va se faire jusqu'à entrer dans le cercle privé d'un champion de classe mondiale. On vous garantit que Federer ou Hamilton n'ont pas recruté leur coach mental sur cv ou à Pôle emploi!

Le gros travail d'un préparateur mental est de travailler sur la concentration. L'approche ludique est plébiscitée. Neymar, le joueur du Paris Saint-Germain, est un excellent joueur de poker. C'est son coach mental qui l'a initié quand il était encore à Santos. Les jeux d'argent en ligne permettent de travailler de nombreux aspects de la préparation mentale tout en permettant de ne pas surcharger le sportif en pression négative. Encore que certains joueurs prendraient la mauvaise habitude de traîner un peu tard sur les casinos en ligne pour y jouer au poker ou aux machines à sous. Là encore, c'est le coach mental qui doit reprendre en main le joueur pour le remotiver et le recentrer sur l'essentiel, c'est-à-dire sa performance. En parlant avec son joueur, il doit savoir déceler les fragilités, les non-dits, les cicatrices qui peuvent l’empêcher d'avancer et de progresser ? Il utilise toutes les techniques d'un psychologue pour ouvrir le cœur du champion qui a souvent du mal à admettre qu'il est un homme ou une femme comme les autres. C'est un vrai travail de dialogue et d'analyse. Il peut prendre du temps. Parfois, le courant ne passera pas. Il ne faut pas insister et changer d'histoire. On entend régulièrement des sportifs expliquer qu'ils changeront d'entraîneur mental, car ils ont besoin d'autre chose. Finalement, on retrouve les mêmes ressorts que dans un couple.

Pour l'instant, le rôle de coach mental n'est pas encore défini et si on trouve des formations, il n'y a pas de diplôme d'État. Les sportifs étant de plus en plus soumis à des pressions extra-sportives avec une hyper médiatisation qui peut faire d'un inconnu du grand public une star nationale après une course gagnée, on peut penser que ce métier va s'installer durablement dans le sport professionnel. On devrait les voir de plus en plus intervenir dans le sport collectif en étroite collaboration avec le staff et l'entraîneur.

0 réponses

Laisser un commentaire

Participez-vous à la discussion?
N'hésitez pas à contribuer!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.